Une marque paie le créateur pour parler d'elle : une séquence de 30 à 90 secondes intégrée dans une vidéo, une publication entièrement consacrée à un produit, ou un contrat d'ambassadeur sur plusieurs mois. Le prix se négocie au forfait ou au nombre de vues, et dépend surtout de l'engagement de l'audience et de la valeur commerciale du sujet.
À la différence de l'affiliation, le créateur est payé que l'audience achète ou non.
Un créateur à l'audience engagée, dans un domaine où les marques ont un produit à vendre : technologie, sport, beauté, cuisine, finance, jeux vidéo. Les sujets à forte valeur commerciale (finance, technologie, entrepreneuriat) se négocient bien plus cher que le divertissement de masse.
un forfait par partenariat, garanti après publication.
des montants importants à court terme, sans risque commercial.
moyenne (négociation, respect du brief, validation par la marque).
Il n’existe pas de tarif officiel pour une collaboration entre une marque et un créateur. Les estimations des agences donnent toutefois des ordres de grandeur. Selon Maison Bold, une opération peut rapporter de 50 à 300 € à un créateur comptant entre 1 000 et 10 000 abonnés, contre 300 à 1 500 € entre 10 000 et 50 000 abonnés.
Les fourchettes annoncées passent ensuite de 1 500 à 5 000 € entre 50 000 et 250 000 abonnés, puis de 5 000 à 15 000 € jusqu’à un million. Au-delà, elles commencent à 15 000 €. Ces repères varient fortement selon l’engagement du public, la plateforme et le travail demandé : une courte intégration, une vidéo dédiée et une série de stories ne représentent pas la même prestation.
Le prix dépend aussi de ce que la marque pourra faire du contenu. Si elle souhaite le diffuser en publicité, le publier sur son site ou l’exploiter longtemps, ces droits d’utilisation se facturent en supplément. Pour comprendre la valeur d’un partenariat, il faut donc regarder à la fois le contenu produit, l’audience touchée et les usages accordés à la marque.
Construire sur un revenu qui ne s'accumule pas. Les budgets des marques suivent les saisons, très élevés en fin d'année et au plus bas en janvier, et chaque partenariat est à renégocier. Trop de partenariats lassent aussi l'audience. Le sponsoring finance bien une chaîne, mais ne bâtit aucun actif propre.
Inoxtag, créateur très suivi sur YouTube, lance « The Project » avec Revolut : un concours destiné à aider un membre de sa communauté à créer son entreprise. Le projet devient aussi une série sur sa chaîne, qui permet au public de suivre les candidats et de participer au choix du gagnant.
À la clé : 150 000 € apportés par Revolut et un accompagnement pour lancer l’activité. Douze projets se présentent devant un jury réunissant des entrepreneurs et des créateurs, avant une finale soumise au vote du public. Valentin Squirelo remporte le concours avec PlayAbility, un logiciel permettant aux personnes en situation de handicap de jouer aux jeux vidéo.
Ici, le sponsoring finance un programme entier. Revolut apparaît comme le partenaire qui rend possible le projet entrepreneurial d’un membre de la communauté. La marque occupe ainsi une place dans l’histoire racontée par Inoxtag, avec un rôle concret que les spectateurs peuvent suivre tout au long de la série.
Helena crée des vidéos mêlant culture, vulgarisation et humour sur YouTube. Dans une vidéo consacrée aux coulisses de son activité, elle explique que les placements de produits représentent environ 80 % de ses revenus sur la chaîne, contre 20 % pour la publicité YouTube. En près de huit ans, elle a collaboré avec une trentaine de marques.
Pour trouver et négocier ces partenariats, elle travaille avec un agent commercial indépendant, qui prélève 20 à 25 % du montant de chaque opération. Elle avait auparavant quitté une grande agence faute de contrats. Cette commission constitue donc un coût à déduire des sommes versées par les marques.
Son témoignage montre aussi la fragilité de ce modèle : à nombre de vues égal, elle déclare que ses partenariats lui rapportent 40 à 50 % de moins qu’en 2022. Selon elle, les créateurs sont plus nombreux face à un nombre limité d’annonceurs réguliers. Les marques veulent également mesurer les ventes obtenues grâce aux liens et aux codes promotionnels : les vues seules ne suffisent plus à leurs attentes.
SossaKitty publie sur YouTube une vidéo consacrée aux créateurs qui changent de métier et retrouvent un emploi salarié. Elle y aborde une question plus large : comment repartir dans une nouvelle direction, et pourquoi la création d’entreprise peut-elle sembler si compliquée ?
Elle introduit alors LegalPlace, une plateforme qui prend en charge les démarches de création d’entreprise. Pour présenter ce service, elle raconte avoir créé sa micro-entreprise à 18 ans et avoir dû découvrir seule les formalités. Dans la description, son public retrouve un lien de suivi et un code offrant 15 % de réduction, ainsi qu’un bonus temporaire sur le compte professionnel proposé par la marque.
Le partenariat s’appuie sur une difficulté déjà évoquée dans la vidéo et sur l’expérience personnelle de SossaKitty. Le service arrive comme une réponse concrète au sujet traité, ce qui rend la transition naturelle. Le lien et le code permettent ensuite à la marque de mesurer les clients apportés par cette collaboration.
Naj B Fit raconte sur YouTube le parcours de Clavicular, un créateur américain connu pour avoir multiplié les tentatives pour améliorer son apparence. Le sujet lui fournit une transition humoristique : selon lui, Clavicular aurait tout essayé, sauf l’essentiel, une barbe bien taillée.
Il présente alors une tondeuse Manscaped, en expliquant utiliser les produits de la marque depuis cinq ans. La démonstration conserve le ton de sa chaîne, avec des plaisanteries sur les barbes trop courtes ou trop longues. La description propose un lien à son nom et un code donnant droit à 15 % de réduction et à la livraison offerte.
Le produit s’insère dans le thème de la vidéo grâce à la blague sur la barbe. L’humour et l’usage personnel revendiqué donnent à la séquence publicitaire une continuité avec le récit. De son côté, la marque peut suivre les ventes attribuées au créateur grâce au lien et au code promotionnel.