Financement participatif

Don & financement participatif

Le principe

Le créateur présente un projet avant de le réaliser — un livre, une BD, un jeu, un film, un événement — et demande à sa communauté de le financer sur une plateforme comme Ulule ou KissKissBankBank. Chaque contributeur reçoit une contrepartie selon son niveau de soutien : le produit lui-même, une version collector, une rencontre, son nom au générique…

La campagne dure en général 30 à 45 jours, avec un objectif à atteindre : si l'objectif n'est pas atteint, les contributeurs sont remboursés. Des « paliers bonus » débloquent des ajouts si la collecte dépasse l'objectif.

Pour quel créateur ?

Un créateur avec une communauté très attachée, prête à soutenir un projet qui lui tient à cœur, et un projet coûteux à fabriquer qu'il ne pourrait pas financer seul (édition, production physique, événement, tournage ambitieux). Peu adapté à un produit numérique simple, qui se vend directement sans avance de frais.

Ce que ça rapporte

l'argent est encaissé avant de produire — le risque financier disparaît, et la campagne sert en même temps de test de la demande.

élevée (préparation de la campagne, contreparties, fabrication, expédition).

40 à 60 %, une fois déduits la commission de la plateforme, la fabrication et l'envoi des contreparties.

Le piège à éviter

Sous-estimer le coût et le temps de la production après la campagne. Une collecte qui explose l'objectif multiplie aussi les contreparties à fabriquer et à expédier, et les promesses à tenir. Chiffrer précisément chaque contrepartie avant le lancement, et annoncer des délais réalistes, évite de transformer un succès en casse-tête logistique.

Études de cas

Étude de casVilebrequin

VilebrequinL'un des cas les plus célèbres de financement participatif sur Youtube France concerne la méga chaîne automobile Vilebrequin (aujourd'hui inactive mais toujours accessible). En septembre 2020, Sylvain Lévy et Pierre Chabrier lancent sur KissKissBankBank un projet un peu fou : transformer une Fiat Multipla en voiture de 1 000 chevaux, le « 1000tipla », et organiser leur propre salon automobile avec leurs fans.

Objectif : 50 000 €. Résultat : 300 000 € en 24 heures — un record européen — puis plus de 1 million d'euros apportés par plus de 19 600 contributeurs, soit 20 fois l'objectif initial. Un cas d'école : le projet lui-même devient un feuilleton que la chaîne raconte pendant des mois, et la communauté finance un contenu dont elle sera ensuite spectatrice.

Voir Vilebrequin dans le Guide YouTube →

Étude de cas détailléeDidi

DidiDidi, créateur sur YouTube avec 1,25 million d’abonnés, a fait appel à son audience pour terminer « L’Iceberg infernal du Diable », une enquête documentaire de près de six heures. Les spectateurs ont contribué par des dons sur YouTube et PayPal.

De la collecte au revenu disponible

IndicateurMontant annoncé
Dons YouTube recensés par Super Thanks Counter20 878 €
Montant affiché dans YouTube Studio11 786 €
Dons reçus via PayPalun peu plus de 6 000 €
Collecte brute cumuléeun peu plus de 26 878 €
YouTube Studio et PayPal, avant cotisations et impôtsun peu plus de 17 786 €
Temps de travail sur le documentaire8 mois

Ce total ne tient compte ni d'éventuels frais PayPal ni des dépenses de réalisation, qui ne sont pas détaillés.

Ce que prélèvent la plateforme et l'impôt

Dans une vidéo consacrée à ses revenus, il explique ce que cette collecte lui a réellement laissé. Après les prélèvements de la plateforme et une estimation des cotisations et impôts, il resterait environ 12 450 €, avant les frais du film. Rapportée aux huit mois de travail, cette somme représente environ 1 560 € par mois : un ordre de grandeur, pas son salaire réel.

Une collecte qui a débloqué le film

Selon lui, sans les dons, le documentaire ne serait toujours pas sorti : il aurait dû produire d’autres vidéos pour financer la suite de son enquête. La communauté lui a donc permis de consacrer du temps à un projet qu’elle souhaitait voir aboutir. La rentabilité totale reste toutefois inconnue, puisqu’il ne détaille pas les revenus publicitaires du film.

26 878 €Collectés sur YouTube et PayPal
12 450 €Environ, après prélèvements et impôts
8 moisDe travail, quasiment sans salaire

Le piège à éviter

Lancer le projet avant de l'avoir financé. Didi vit de YouTube depuis 2015, avec des années très inégales, et reconnaît avoir manqué d'anticipation : 70 000 € investis dans un précédent projet, « RA », qu'il décrit comme un échec. Pour ses prochains documentaires, il veut un vrai business plan et financer la production en amont, plutôt que de solliciter à nouveau son public.

Voir Didi dans le Guide YouTube →